Le business case d un P2P repose sur des gisements mesurables. Premier gisement : le coût de traitement par facture. Entre la saisie manuelle, les relances et les corrections, une facture traitée à la main coûte plusieurs euros de temps ; l OCR et le rapprochement automatique le divisent. Multiplié par le volume mensuel, l écart devient significatif.
Deuxième gisement : les achats hors contrat. Chaque euro dépensé hors des fournisseurs et prix négociés est une remise volume non captée. Ramener ce taux de 40 à 20 pour cent récupère une marge déjà négociée mais jusque-là perdue. C est souvent le poste le plus lourd du business case.
Troisième gisement : les escomptes. Une facture qui offre 2 pour cent à 10 jours et qu on paie à 45 jours par manque de visibilité, c est de la valeur abandonnée. Un outil qui porte les échéances permet de capter ces escomptes quand ils sont rentables.
Quatrième gisement : les doublons et trop-payés. Sans contrôle systématique, une PME paie régulièrement deux fois la même facture, et ne le réclame pas. Le contrôle des doublons avant décaissement transforme une perte diffuse en économie chiffrable. À cela s ajoute le gain de trésorerie du pilotage du DPO, plus difficile à monétiser mais réel.
Cinquième gisement, moins évident : le temps. Une clôture mensuelle qui s appuie sur des factures rapprochées, codées et rattachées à leur commande se fait en jours, pas en semaines. Le temps du service comptable est un coût réel ; le libérer a une valeur.
S ajoute le coût évité en mission d audit : un commissaire aux comptes qui trouve une piste d audit complète, une séparation des tâches appliquée et des exceptions justifiées passe moins de temps — donc facture moins, et le risque de redressement baisse. Ce gisement est prudent à chiffrer mais réel.
Le business case se présente en une page : les cinq gisements chiffrés sur votre propre volume, en face du coût annuel de l outil et du temps de déploiement. Un DAF crédible reste conservateur sur les hypothèses — mieux vaut promettre 20 pour cent de réduction des hors-contrat et en livrer 30 que l inverse.
L argument décisif n est pas le seul retour financier, c est le contrôle. Un P2P ne fait pas qu économiser : il rend la dépense visible, traçable et gouvernable. Pour une direction, c est la différence entre subir les achats et les piloter — et c est ce qui fait signer.
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Sources et références
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