Comment Procura intègre nativement le dispositif FNE de la DGI Côte d'Ivoire : configuration, flux d'API, multi-pays et passage en production.
Équipe Procura · Mai 2026 · 9 min de lectureLa FNE (Facture Normalisée Électronique) est le dispositif de facturation électronique normalisée géré par la Direction Générale des Impôts (DGI) de Côte d'Ivoire. Chaque contribuable assujetti à la TVA doit transmettre en temps réel ses factures B2B à la plateforme FNE et faire figurer une référence officielle + un token QR vérifiable sur la copie imprimée. Sans cette signature, la facture n'est plus admissible pour la déduction de TVA pour l'acheteur ni pour l'imputation en charge du vendeur.
Le dispositif est l'équivalent ivoirien du MECeF béninois, mais avec une architecture technique sensiblement différente. FNE utilise une API en une seule étape : un POST sur /external/invoices/sign retourne la référence certifiée, le NCC, un token QR vérifiable et le solde de stickers restant, il n'y a pas d'étape de confirmation séparée. La DGI fournit également l'URL de production par contribuable après certification, plutôt qu'un endpoint partagé unique.
Le portail officiel se trouve sur fne.dgi.gouv.ci, avec une plateforme de test publique à http://54.247.95.108/ws et une procédure d'interfaçage publiée par la DGI en mai 2025. C'est cette procédure que Procura suit pour chaque nom de champ et chaque appel.
Qui fait quoi compte. Le VENDEUR certifie sa facture et y imprime le QR code. L'ACHETEUR la contrôle : une facture non certifiée, ou certifiée pour une autre société ou un autre montant, n'ouvre pas droit à déduction de TVA. Pour une plateforme d'achats comme Procura, le travail FNE est donc surtout du côté acheteur : contrôler chaque facture fournisseur avant de l'approuver et de la payer.
Une intégration FNE dans Procura repose sur cinq champs principaux. Le NCC (Numéro Compte Contribuable) est votre identifiant fiscal, le même qui figure déjà sur chaque facture émise, typiquement de 8 à 14 caractères selon le régime. Le token API est un secret Bearer remis par la DGI lors de l'enregistrement de votre entreprise sur le portail FNE. Le point de vente et l'établissement sont des identifiants opérationnels qui voyagent avec chaque transmission et peuvent être surchargés par facture.
Deux champs complètent la configuration : l'environnement (Sandbox vs Production) et l'URL de production optionnelle. Le Sandbox pointe toujours sur la plateforme de test publique, pas besoin de fournir d'URL. La Production exige l'URL par contribuable que la DGI remet après certification. Procura valide ce point au moment de l'enregistrement : passer en Production sans URL est refusé au niveau du formulaire, ce qui empêche une organisation de soumettre silencieusement des factures réelles sur l'endpoint sandbox.
Procura propose aussi un troisième environnement, la démo Procura, qui simule la DGI pour essayer le parcours avant de la contacter. La simulation applique les règles de saisie de la procédure DGI (champs obligatoires, prix unitaire hors taxe, NCC du client en B2B, etc.) et répond dans la même forme. C'est une répétition, pas une certification : seules la plateforme de test de la DGI, puis la production, prouvent une intégration.
Aucun de ces champs n'est nécessaire pour contrôler les factures fournisseurs. Ce contrôle lit le QR code imprimé sur la facture et interroge le service public de vérification de la DGI, qui ne demande aucun compte. La connexion API ne sert qu'à certifier des documents en votre nom, comme le bordereau d'achat décrit plus bas.
La FNE fonctionne en une seule étape. Le vendeur envoie sa facture (invoiceType, paymentMethod, template, items, taxes, client) en POST sur /external/invoices/sign et reçoit le numéro officiel, son NCC, un lien de vérification à imprimer en QR code et son solde de stickers. Aucun appel de confirmation ensuite. Un avoir passe par /external/invoices/{id}/refund, où {id} est l'identifiant du document certifié, avec les lignes et quantités retournées.
Les templates ont un sens précis. B2B sert à facturer un autre contribuable et exige le NCC du client. B2C couvre le consommateur final. B2F vise les clients étrangers et exige la devise et son taux. B2G concerne les organismes publics. Les codes de taxe sont TVA (18 %), TVAB (9 %), TVAC (0 %, exonération conventionnelle) et TVAD (0 %, exonération légale).
Côté acheteur, Procura contrôle chaque facture d'un fournisseur ivoirien. Le QR code est lu sur le PDF ou la photo de la facture, ou collé, et Procura demande à la DGI ce qu'elle a certifié : émise par ce fournisseur (NCC), à votre société (NCC), pour ce montant TTC, comme facture et non comme avoir, et pas déjà enregistrée sur une autre facture. Chaque résultat est conservé sur la facture et dans le journal d'audit. L'organisation choisit si un contrôle en échec signale seulement la facture ou bloque son approbation, avec une exemption qui doit être motivée.
Le seul document qu'un acheteur certifie lui-même est le bordereau d'achat de produits agricoles (invoiceType purchase), émis quand il achète à un producteur sans NCC qui ne peut pas facturer. Procura l'émet depuis la facture fournisseur, réserve la facture avant d'appeler la DGI pour qu'un double clic ne consomme pas deux stickers, et l'annule par un avoir certifié si besoin.
Une organisation qui opère à la fois en Côte d'Ivoire et au Bénin, par exemple un groupe avec des bureaux à Abidjan et Cotonou, a besoin de la FNE et du MECeF actifs en même temps. Procura le supporte nativement : FNE et MECeF sont deux slugs de module distincts dans le tableau activeModules, et les deux peuvent être activés sur le même tenant.
La barre latérale Paramètres → Finance affiche FNE (Côte d'Ivoire) et MECeF (Bénin) comme deux sections séparées. Chacune a ses propres identifiants (NCC + token + URL de production pour la FNE, IFU + token pour le MECeF), son propre sélecteur d'environnement, et sa propre piste d'audit. Les factures émises sous un régime ne sont jamais confondues avec celles émises sous l'autre.
Le provisionnement d'une organisation multi-pays depuis la console super-admin Procura tient en un seul formulaire : choisir un pays principal, puis cocher les slugs de modules applicables (fne, mecef, ou les deux). Le contrôle de pays accepte aussi bien les codes ISO que les noms complets dans les deux langues, Côte d'Ivoire, Cote d'Ivoire, Ivory Coast, CI déverrouillent la section FNE de la même façon.
Côté logique de visibilité, la règle est countryHit OR moduleHit : une section apparaît dès que le pays de l'organisation correspond aux variantes acceptées OU qu'un de ses slugs de module figure dans activeModules. C'est cette deuxième branche qui permet à une organisation multi-pays avec country='Côte d'Ivoire' mais activeModules=['fne','mecef'] de voir les deux régimes côte à côte sans changer son pays principal.
Commencez par le contrôle des factures fournisseurs, qui ne demande aucun compte DGI. Renseignez le NCC de votre société et celui de chaque fournisseur ivoirien, laissez la règle sur Signaler quelques semaines, et regardez quels fournisseurs envoient des factures en échec. Cette liste est la conversation à avoir avec eux avant de passer la règle sur Bloquer l'approbation.
Pour le bordereau d'achat, répétez d'abord avec la démo Procura. Inscrivez ensuite votre entreprise sur la plateforme de test de la DGI (http://54.247.95.108), étape que la procédure rend obligatoire, et recopiez dans Procura, en mode Sandbox, la clé API affichée dans l'onglet Paramétrage de votre espace FNE de test.
Émettez des documents de test sur la plateforme de test : un bordereau d'achat et son avoir. Envoyez les spécimens à support.fne@dgi.gouv.ci comme le demande la procédure. La DGI les contrôle, puis transmet l'URL de production et ouvre l'accès à la clé API de production.
Collez la clé et l'URL de production, passez en Production, et émettez un premier vrai bordereau pour vérifier toute la chaîne : le numéro certifié et le lien de vérification sur la facture, le solde de stickers qui baisse, la requête et la réponse dans le journal d'audit.